Dirty Author.

  • dirtynorth
  • : Lenny
  • : Ch'ti de naissance, alsacien d'adoption, breton de foie et tête de mule : chez moi partout, mais pas de chez-moi. Pourquoi une telle présentation ? Juste histoire d'avoir un prétexte fallacieux pour lancer ma diatribe du moment.

Dirty Reasons.

  • : Parce que les rues sombres du Nord-Pas-de-Calais ressemblent un peu à celles de Los Angeles (de loin). Parce que l'homme est un loup pour l'homme. Parce que y'a tant de choses à critiquer dans le monde et qu'il va falloir y mettre du sien pour avoir le temps de tout passer au crible. Parce qu'on peut être ch'timi et ne pas aimer Dany Boon. Parce que j'entends déjà, au loin, le bruit des bottes (enfin pas trop loin, je suis à moitié sur Strasbourg). Parce que ... voilà.

DIRTY SERIES.

Vous avez quelques heures à perdre ? Essayez ces quelques séries addictives, c'est du vu et approuvé !

LIFE : innocenté grâce à des tests ADN, un flic qui vient de passer une décennie en prison réintègre le LAPD, promu et largement dédommagé financièrement. Il avait tout, on lui a tout pris ; maintenant, il peut tout avoir, mais il n'a besoin de rien. Ayant découvert la philosophie zen, il se promène avec une désinvolture qui agace ou séduit. Mon coup de coeur de l'an dernier, actuellement dans sa deuxième saison de diffusion. Un bijou.


IN TREATMENT : Paul est un psychanaliste reconnu et dévoué. Toute sa vie, il l'a consacrée à ses patients, au détriment de sa famille qui tombe en morceau. Dans cette série quotidienne, nous voyons tous les lundis son rendez-vous du lundi, et ainsi de suite tout au long de leur thérapie. Quand Paul prend conscience de la tournure que prend sa vie privée, et de tout ce qu'il garde au fond de lui sans pouvoir l'exprimer, il n'a qu'une solution : consulter lui-même Gina, une ancienne collègue. Une série intelligente et magnifiquement interprétée.

SONS OF ANARCHY : au début, c'était une bande d'amis vétérans qui a fondé un moto-club. A présent, c'est un des gangs de bikers les plus craints de la Californie. Jax Teller est un des membres de la seconde génération, fils d'un des fondateurs. Ce gang, c'est tout sa vie. Ces bikers, c'est sa famille. Pourtant, au fond de lui, il sait que ce qu'il fait n'est pas bien. Un casting à tomber, et un scenario shakespearien, servi par un des talentueux créateurs de The Shield.

Dirty Quote.

Tirée d'un film, d'une série ou d'un bouquin, une petite bêtise temporaire en quelques lignes.

Det. Crews: If you love animals so much, why are you wearing leather shoes ?
Betsy: They’re Jim shoes. They’re made of Jim, our founder when he died he willed his body for industrial use as a way to raise people’s consciousness about what it means to butcher animals for food and clothing.
[...]
Det. Reese: They’re wearing people.
Det. Crews: Just dead people!
Det. Reese: It’s the Texas Chainsaw Massacre, Crews. It’s enough for a warrant.

- Life, s2e3 : "The Business of Miracles"
Jeudi 11 décembre 2008
Vous n'en avez jamais entendu parler ? C'est normal, c'est un pilote commandé par CBS en 2007 qui n'a pas été jugé concluant. Donc pas de suite, et pas de série. Et c'est regrettable.

Nous sommes à Babylon, petite ville morne et somme toute banale des USA (moitié nord, version '"l fait tout gris et les gens ont des manteaux"). Un flic prend son service. Une mère et sa fille font leurs courses au supermarché. Et pendant ce temps, les morts sortent de terre.

Le flic est appelé en urgence par sa soeur, son beau-frère décédé vient de revenir : effectivement, il est là, sous les vêtements de son enterrement et quelques centimètres de terre. Mais il ne vient pas manger de cerveau, il vient juste retrouver sa femme qu'il aime tant, et qui pleure de joie. De l'autre côté de la rue, la mère et la fille découvrent que papa est de retour. Mais papa c'était un gros con, et papa il se tape déjà une bière devant la télé, gueulant parce que les femmes vont pas assez vite. Les vivants paniquent, les morts quant à eux reprennent leur place comme si rien ne s'était passé. Certes, ils sont morts ... mais maintenant qu'ils sont de retour, faut bien qu'ils s'occupent non ?

Papa était peut-être un beauf, mais papa était flic. Et il veut savoir qui l'a buté à coup de hache dans le dos, maintenant qu'il est de retour. Papa, il l'a mauvaise.
(Désolé pour la résolution : quand on sortira une version Blu-Ray des pilotes pas suivis, j'en mettrai une meilleure image.)



Ils titubent, ils sont gauches, ils sont un peu décomposés, ils tombent pas quand on leur tire dessus, mais ils sont pas cannibales ni écervelés. Il y a même une scène qui en joue, quand le père (qui s'affiche clairement comme étant le futur "zombie en chef" de la série) se fait braquer par un vivant qui panique. "Tu crois quoi ... que je vais TE MANGER !" et PAF, le vivant trébuche sur son flingue et se fait sauter le crâne. Papa jette un oeil au sang, au crâne ... doute ... mais préfère partir avec le pack de bières.

La ville est en état d'alerte, les communications sont coupées, les habitants se cloitrent et s'arment ... mais les zombies ne veulent tuer personne. Ils veulent juste reprendre leur vie. Les 3 dernières minutes du pilote installent les thèmes principaux qui devaient être développés dans la série : la vengeance d'outre-tombe de Papa (ça c'est pour le côté sombre), la petite fille décédée qui trouve sa maison déserte (et allume la télé pour regarder les dessins animés, ça c'est pour le côté émouvant et dramatique), et la vie quotidienne à Babylon entre psychose et miracle ("Dieu a exaucé mes prières, mon défunt mari est revenu ! On va de nouveau être une famille !").

C'est lent, assez peu dynamique, très loin des Romero et des "28 plombes plus tard". L'accent est mis sur le coté humain de la chose. Vous feriez comment, vous, si les gens à qui vous teniez le plus au monde revenaient d'entre les morts et entamaient une journée comme les autres ? Amis, famille, époux, nous avons tous perdu quelqu'un  de cher un jour ou l'autre.

Il est , le thème de Babylon Fields. Pas dans des décapitations de morts-vivants à la tronçonneuse. C'est une série dramatique, pas un survival ou un slasher.

Dommage qu'elle soit passée à la trappe. C'est peut-être du à la grêve de la WGA, aux choix stratégiques de la chaîne, qui sait ? - les articles que j'ai trouvés à ce sujet se contredisent les uns les autres.

Par chance, enfin, pour nous, y'a eu une fuite et le pilote s'est retrouvé sur le net : Babylon Fields. Demain, si vous êtes sages, je vous ferai connaîre une autre série à laquelle vous avez échappé. En attendant, repassez-moi les cartouches de .12, on sait jamais avec les morts ...

PS : vous pourrez d'ailleurs reconnaître Ray Stevenson, le Titus Pullo de l'excellent Rome, dans le rôle du flic débordé - et dépassé.
Publié dans : A voir absolument. Ou pas.
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